domenica 7 luglio 2013

Bon séjour à toutes et à tous

La ville de Sophronia se compose de deux moitiés de ville. Dans l'une, il y a le grand-huit volant aux bosses brutales, le manège avec ses chaînes en rayons de soleil, la roue avec ses cages mobiles, le puit de la mort avec ses motocyclistes la tête en bas, la coupole du cirque avec la grappe de trapèzes qui pend en son milieu. L'autre moitié de la ville est en pierre, en marbre et en ciment, avec la banque, les usines, les palais, l'abattoir, l'école et tout le reste. L'une des moitiés de la ville est fixe, l'autre est provisoire, et quand le terme de sa halte est arrivé, ils la déclouent, la démontent et l'emportent pour la replanter sur les terrains vagues d'une autre moitié de ville. Ainsi chaque année survient le jour où les manœuvres enlèvent les frontons de marbre, descendent les murs de pierre, les pylônes de ciment, démontent le ministère, le monument, les docks, la raffinerie de pétrole, l'hôpital, les chargent sur des remorques, pour suivre de place en place l'itinéraire de chaque année. Ce qui demeure ici, c'est la demi-Sophronia de tirs à la cible et de manèges [...]

Les Villes invisibles, Italo calvino.

"J'aime à penser que La Tour Orange fait partie de la ville fixe, toujours là, pleine de vie et d'entrain".
Jean-Pierre Coupé, propriétaire.

Nessun commento: